World news – FR – « Edward et Jo Hopper, un si violent silence », la muse et analgésique du peintre

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Un documentaire retrace la vie du couple formé par le peintre américain et sa femme, à travers l’histoire que cette dernière a enregistrée dans des cahiers

La figure d’Edward Hopper (1882-1967) est celle d’un peintre qui est entré – de son vivant, avec une œuvre limitée à quelque 130 œuvres, tous supports confondus – dans la culture populaire tout en restant un objet raffiné et énigmatique sur lequel les interprétations savantes (contre lesquelles il s’est battu) continuent de répandre de l’encre et d’imprimer des films

Le formidable film documentaire de Catherine Aventurier, co-écrit par Alexia Gaillard, Edward et Jo Hopper, Un tel silence violent, reflète d’ailleurs par son titre l’une des caractéristiques de ce tableau qui, notamment à travers ses personnages, exprime un vacance, indécision, solitude autant qu’une violence revenue

Mais, tout en revisitant de manière suggestive, contextualisée et poétique les peintures de l’américain, le sujet du film est différent et prend comme un biais très intéressant la découverte, en 2016, de vingt-quatre carnets restés en le grenier de l’austère maison d’été partagée par le peintre et son épouse, Joséphine, dite «Jo» (1883-1968), sur une dune surplombant la mer, près de Cape Cod (Massachusetts) Ces carnets, légués par des donateurs à Provincetown Art Association and Museum, révèlent une facette que l’on devine de la vie du couple mais qui est documentée de manière extrêmement précise par Jo Hopper, de 1933 à 1956 D’abord, c’est la chronique de la carrière de Hopper, à laquelle elle a contribué en aidant son mari timide, solitaire et silencieux dans ses relations avec le monde de l’art professionnel

On savait que Jo devait mettre de côté sa propre activité créative, qui était considérée comme prometteuse dans sa jeunesse, mais les détails de ces écrits confirment que Hopper a tout fait pour ne pas l’encourager – sauf à la fin de sa vie en quittant sa femme expose à sa place dans une galerie new-yorkaise

Ces journaux relatent également une relation conjugale paradoxale, que Christine McCarthy, directrice et conservatrice en chef de la Provincetown Art Association and Museum, décrit comme «une relation de couple digne d’un feuilleton […]: on se demande comment ils auraient pu rester ensemble! Jo a longtemps été pris pour une épouse difficile, mais, selon ses cahiers, Edward manifestait volontiers un sadisme ordinaire, même de la violence physique

Après la mort d’Edward Hopper le 15 mai 1967, sa femme légua les tableaux de son mari et une partie de sa propre production au Whitney Museum of American Art de New York Si l’institution se réjouissait de l’arrivée des tableaux d’Edward, ils mépriseront les œuvres de Jo, décédée le 6 mars 1968.Le musée ira jusqu’à aller jusqu’à en donner une partie à des hôpitaux caritatifs de l’État de New York – qui ne pourront pas les conserver – et jeter le reste à la poubelle

Pour qu’il n’y ait pas d’autres traces du travail de Jo Hopper, mineures mais sûrement intéressantes, du moins d’un point de vue documentaire, à part des photos en noir et blanc de sa production, «quatre huiles, quelques aquarelles et quelques croquis … »Christine McCarthy résume cette triste situation en évoquant sa tentative, en tant que commissaire, d’accrocher Jo à côté d’Edward en 2018:« Ça n’a pas marché, il n’y avait rien à faire: ça ressemblait à deux aimants se repoussant, qui est une sorte de métaphore de leur mariage… »

Edward et Jo Hopper, un si violent silence, écrit et réalisé par Catherine Aventurier, co-écrit par Alexia Gaillard (Ve, 2020, 55 min)

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Edward Hopper, Josephine Hopper, Whitney Museum of American Art

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SOURCE: https://www.w24news.com

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