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Cameroun : ces freins au développement industriel des bières locales

Selon le Dr Yves Mballa Atangana, expert financier et maître de conférences à l’Université de Yaoundé II-Soa, les opérateurs locaux devraient se positionner au niveau des bonnes pratiques et s’efforcer de positionner leurs produits selon les standards internationaux.

« Pourquoi pensez-vous que puisqu’il s’agit d’une bière produite par une société dont le capital est majoritairement contrôlé par des nationaux, on devrait accorder moins d’attention à la qualité ? Un produit de qualité se vend Tels sont les propos du Dr Yves Mballa Atangana, expert financier et maître de conférences à l’Université de Yaoundé II-Soa, dans un entretien accordé à Cameroon Business Today le mercredi 29 juillet 2022.

Selon l’expert, les bières locales souffrent encore du positionnement sur le marché national. L’enseignant définit également le positionnement comme la représentation mentale qu’une marque ou une entreprise veut dans l’esprit des consommateurs pour se différencier de la concurrence.

Sur le positionnement des opérateurs brassicoles locaux (UCB, Brasaf, Cabra BRC Dschang, Sintieh Beer, etc.)

dr. Yves Mballa Atangana estime que ces opérateurs, bien que locaux, se positionnent comme des bières domestiques à forte concentration régionaliste dans le fief de leur promoteur. Ce qui, selon l’expert, laisserait penser qu’il s’agit de bières de second ordre, malgré leur potentiel en dehors de l’Union camerounaise des brasseries (UCB), qui a compris l’importance de vendre en dehors de la sphère géographique de son principal promoteur, afin de donner elle-même une identité nationale.

« A mon avis, c’est une position dangereuse et étouffante car quand on laisse le concurrent doté de moyens gigantesques tant sur le plan quantitatif que qualitatif pour se déplacer tranquillement dans la zone en se concentrant sur la zone géographique du promoteur, on se retrouve à tirer sous le pied dit le professeur.

Les nationaux face à la concurrence des multinationales

Les opérateurs locaux doivent adopter les meilleures pratiques et s’efforcer de positionner leurs produits conformément aux normes internationales. Il estime que se concentrer sur la production principalement pour la communauté à laquelle ils appartiennent est une très mauvaise stratégie, car cela donne l’impression d’une « bière de village » qui n’existe que dans le village.

« L’expérience du marché de l’eau minérale le montre amplement car la configuration du marché il y a 10 ans, quand la marque Tangui dominait largement le marché, n’est plus la même avec la marque Supermont qui existe depuis plus de sept ans. » constate l’expert.

Il conseille aux nationaux d’avoir confiance en leurs offres en proposant des produits de qualité plutôt que d’agiter le seul argument de la bière du pays » comme si les autres bières étaient produites hors du territoire national ».

Sur les parts de marché nationales

Selon les chiffres de la société Nielsen en 2018, la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC) contrôle le marché camerounais à hauteur de 73,3 %. La source du pays arrive en deuxième position avec 18,1 %. UCB occupe la quatrième place avec 0,9% derrière Guinness Cameroun (3,8%) en termes de part de marché. En 2022, l’expert explique que la configuration du marché des boissons au Cameroun n’a pas changé. Cette dernière s’est agrandie avec le lancement des activités d’un quatrième acteur, la société Brasseries Samuel Foyou (Brasaf).

Soutien du gouvernement

dr. Yves Mballa Atangana a déclaré que l’Etat du Cameroun devrait agir contre l’environnement industriel en levant certaines restrictions et obstacles en adoptant une stratégie de valorisation et de renforcement de la compétitivité des entreprises. Il prône également la réforme de l’environnement des affaires et l’amélioration continue des systèmes de gestion qui renforcent la qualité, la productivité et la compétitivité.

Pour lui, l’Etat devrait mettre en place et apporter son appui en deux volets : le premier vise à favoriser la modernisation de l’environnement immédiat à travers l’élaboration d’un programme national de restructuration et de mise à niveau et l’élaboration d’un cadre juridique et d’une structure de gestion (à travers l’Entreprise Bureau de mise à niveau).

Renforcement des capacités des structures d’appui et de conseil, amélioration des infrastructures qualité (assurance qualité, certification, accréditation, métrologie), outre la mise en place d’un fonds de modernisation et de modernisation industrielle.

Synthèse de Jean Daniel Obama

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