Cameroun : un salaire de 26 000 FCFA par mois

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C’est le salaire mensuel de Mamadou Bachirou, laveur de voitures dans la ville de Ngaoundéré.

C’est avec un sourire aux lèvres qui cache plein d’amertume que Mamadou Bachirou, jeune laveur de voitures dans une laverie du centre commercial de Ngaoundéré, reçoit chaque automobiliste. A chaque arrêt, le jeune chef de famille se précipite vers les chauffeurs pour proposer ses services. « Je suis disponible, je fais une lessive générale en 1h et vous serez content de mon travail. Je veille sur votre véhicule », lance-t-il aux automobilistes. Comme ce jeune homme, une demi-douzaine de jeunes travaillent dans cette laverie du centre commercial de Ngaoundéré. Mamadou Bachirou est l’un des plus anciens nettoyeurs de cette laverie, qu’il avait rejointe alors qu’il venait d’arriver à Ngaoundéré. L’adaptation n’a pas été facile pour ses débuts. « Parfois, je passais toute la journée sans laver une seule voiture. J’habite à Bamiyanga Hamadjangui et tous les jours du lundi au samedi je dois être au travail. Le dimanche est mon jour de congé », déclare Mamadou Bachirou. Chaque matin, le jeune homme de 26 ans, originaire de Garoua-Boulaï dans la région de l’Est, doit parcourir au moins 7 km pour se rendre au travail.

Apprenti apprenti lave-linge, il attendra des mois pour être confirmé dans son poste et changer de statut. « J’étais apprenti machine à laver. C’est-à-dire que je dois être supervisé par un autre nettoyeur plus expérimenté que moi. J’étais vu comme un volontaire qui peut partir à tout moment », s’amuse-t-il. Son endurance se verra lorsqu’un de ses collègues de la blanchisserie démissionnera en 2020. Il est titularisé avec un salaire de 20 000 FCFA par mois. « C’est un grand pas en avant pour moi. Je n’avais pas grand-chose jusqu’à ce que j’aie été confirmé. J’étais le véhicule à 1000 FCFA et payais 500 FCFA pour l’eau. C’était pénible pour nous. J’ai choisi de rester coincé avec un salaire fixe , même si le salaire n’est pas conséquent », explique le jeune laveur de voitures.

Selon l’explication de Mamadou Bachirou, il peut laver au moins huit véhicules par jour, ce qui ne lui rapporte pas grand-chose. Le salaire mensuel de Mamadou Bachirou, inférieur au Smig, sert à payer son loyer, à nourrir sa petite famille et à aider sa mère restée à Garoua-Boulai. Ce jeune papa d’une petite fille de 2 ans est un exemple de résilience. La répartition de ce revenu chaque mois, selon son explication, lui permet de persévérer et de vivre au jour le jour. « Mon loyer est de 6000 FCFA par mois, il y a l’électricité qui me coûte 1500 FCFA. Vous devez ajouter mon moyen de transport pour arriver chez moi. Parfois, je marche à la maison pour éviter les frais. Ce n’est pas vraiment facile pour moi », explique le lave-auto. Pour joindre les deux bouts, il a enrôlé sa femme. J’ai demandé à ma femme de faire un petit commerce à proximité. Elle a accepté et vend des fruits et de la farine. C’est comme ça qu’on vit », explique Mamadou Bachirou. Pour lui, il vaut mieux laver des véhicules que de se livrer à la délinquance juvénile.

Exposé à diverses maladies dans l’exercice de son métier, Mamadou Bachirou dit n’avoir pas le choix. « Je vis avec de l’eau et parfois j’ai des convulsions. Je commence à trembler et mes articulations me font mal. Pensez-vous que je peux prendre soin de moi avec mon salaire ? C’est Dieu qui me fait avancer et je n’ai pas l’intention de m’arrêter », souligne-t-il. Ce jeune homme souffrant d’arthrose n’a pas l’intention de quitter son emploi. Il est surpris qu’il y ait une assurance pour son industrie. Il se souvient avoir été informé d’une souscription volontaire par des agents de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) auprès de son patron. « Mon salaire est de 26 000 FCFA, si je retire 3 600 FCFA pour la CNPS, que me restera-t-il ? il se demande. En ce jour après les célébrations de la fête internationale du travail de Mamadou, Bachirou dit que son patron lui a donné un polo. « Notre laverie s’est inscrite au défilé du 1er mai. Malheureusement, mon patron m’a dit mardi dernier que le défilé de mode était annulé. J’ai toujours mon polo et il a promis de nous donner 1500 FCFA chacun pour un jus et un repas », a déclaré Mamadou Bachirou. Le jeune nettoyeur a un permis de conduire et ne voit pas son avenir dans la laverie. Il envisage de devenir chauffeur routier. C’est son rêve.

Adolarc Lamissia / 237online.com

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Ref. : 237online.com

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