Farine de blé et fer à béton : la guerre en Ukraine menace de faire exploser les coûts de production au Cameroun

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(Investir au Cameroun) – Le 24 février 2022, juste après le lancement des bombardements de la Russie sur l’Ukraine, le cours de la tonne de blé a atteint le niveau inédit de 344 euros (plus les 225 000 FCFA) sur Euronext, la place principale boursière de la zone euro. Même si ce cours est retombé autour de 320 euros (près de 210 000 FCFA) ces derniers jours (son niveau le plus élevé depuis novembre 2021, NDLR), pour les contrats prévoyant des livraisons en mars 2022, la conjoncture autour de céteréréale , et est particulièrement scrutée par les meuniers camerounais (producteurs de farine de blé rentrant notamment dans la production du pain), l’activité ne dépend que du blé importé de Russie.

Par exemple, pour l’année 2020, le Cameroun a importé une cargaison Totaal de 860 000 tonnes de blé, pour un montant total de 150 milliards de FCFA. Selon l’étude sur le positionnement stratégique de la filière fabrication des produits à base de céréales, rendue publique le 25 août 2021 à Douala par le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) camerounaises, près de 300 000 tonnes ont été importées de la Russie (parfois 35% du volume global), qui est jusqu’ici le premier fournisseur de cette céréale au Cameroun. D’où les inquiétudes des meuniers, depuis la récente montée et la puissance de la crise russo-ukrainienne.

La réaction est la même dans tous les pays. ça va dépendre de la manière dont la situation va évaluer en Russie. Pour le moment, on ne peut encore rien dire. On ne peut que craindre le pire. Est-ce qu’on arrivera à charger les navires ? Est-ce qu’on arrivera à les décharger ? Ce sont des questions que tout le monde se pose », un index au journal Écomatin Alfred Momo Ebongue, secrétaire général du Groupement des industries meunières du Cameroun (Gimc). En effet, au-delà des difficultés d’approvisionnement auxquelles ils pourraient être confrontés du fait de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, respectivement 1 et 5e producteur mondial du blé, les meuniers du Cameroun voient déjà poindre à l’horizon des surcoûts dans la production de la farine.

Ces coûts supplémentaires devraient être encore plus importants si la crise actuelle entre la Russie et l’Ukraine débouche sur une nouvelle augmentation des coûts du fret, dans un contexte où le gouvernement freine des quatre ferations ac prius’augment que de la baguette de pain, qui est l’un des produits les plus consommés au Cameroun.

Les métallurgistes aussi…

Ces inquiétudes des meuniers, qu’il faut étendre aux boulangers qui ont déjà subrepticement réduit le poids de la baguette de pain pour atténuer les surcoûts induits par le Covid-19, sont également perceptibles dans la fili- tallurgie. En effet, apprenez-on les sources internes à la filière, depuis la décision prise par la Chine de réduire certaines de ses exportations pour garantir l’approvisionnement de son marché intérieur après la pandémie du Covid-19, les métallurgistes camerounais dépendant à environ 70 % des importations de billettes (déchets de fer fondus sous forme de lingots et serviteur à la production du fer à béton, NDLR) et provenance de la Russie et de l’Ukraine.

En l’absence d’un gisement de fer exploité dans le pays, qui pourrait pallier l’insuffisance de la ferraille locale, les producteurs de fer à béton importent environ 50 % de billettes transformées localement de la Russie et de l’Ukraine, pour satisfaire une demande de plus et plus croissante. Depuis le déclenchement des bombardements russes en Ukraine, le cours de cette matière première a augmenté d’environ 10 % sur le marché. Ce qui va induire une augmentation des coûts de production des industriels de la transformation. Le pire est à craindre si le fret en provenance de la Russie et d’Ukraine augmente également comme cela se profile à l’horizon, en cas d »intensification du conflit », confie un fin connaisseur de la filière locale.

Pour rappel, selon l’Institut national de la statistique (INS), qui a été publié le 12 novembre 2021 son « Indices des prix à la production industrielle» (IPPI), avec une augmentation des prix sortie-usine de 11,3 %, et raison de la hausse des prix des matières premières et l’explosion du fret à l’international, le secteur de la métallurgie est celui qui a le plus contribution à la hausse des prix à la production industrielle au Cameroun au cours du 2e trimestre 2021 (+3,8 % en glissement annuel, soit le niveau le plus élevé depuis 2019, NDLR). Le meme scénario semble se profiler à l’horizon en ce début d’année 2022, à la faveur du durcissement de la crise russo-ukrainienne.

Par ailleurs, cette crise pourrait déboucher sur l’exclusion de la Russie de l’écosystème du Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication), qui est le plus grand réseau numérique permettant d’effectuer les transactions bancaires à l’international. Si cette menace brandie par l’Union européenne vis-à-vis de la Russie devient effective, en représailles à l’invasion de l’Ukraine, il deviendra extrêmement difficile pour les opérateurs économiques camerounais de poursuivre leur commerce avec la Russie

Brice R. Mbodiam

lire aussi :

21-02-2022 – Substitution de la farine de blé : le Groupement des industries meunières du Cameroun accusé de bloquer le processus

18-11-2021 – Industrie : au Cameroun, la métallurgie (+11,3%) booste les prix « sortie-usine » des produits (+3,8%) au 2ème trimestre 2021

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Source: Investir au pays

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