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Fonction publique : le Cameroun espère maîtriser sa masse salariale d’ici 2025, après 10 ans de recrutements massifs

(Investir au Cameroun) – D’ici 2025, le gouvernement camerounais prévoit de porter son taux de pérennité de la rémunération des fonctionnaires à 33,8%, contre 36,2% en 2024, 37,2% en 2023 et 36,3% en 2022. Si cette prévision contenue dans le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2023-2025), base du débat sur l’orientation budgétaire (DBO) pour 2022, devaient être remplies, le Cameroun connaîtra sa première bonne performance en 16 ans, sur cet indicateur établi par CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, Guinée Equatoriale) selon les critères de surveillance multilatérale.

Le ratio de soutenabilité des salaires de l’État est fixé à 35 % maximum et représente le rapport entre le montant des recettes fiscales et douanières perçues au cours d’une année et les dépenses de personnel de l’État. Dans un document officiel annexé à la loi de finances 2022, le gouvernement camerounais révèle que ce ratio, plafonné à 35%, n’a jamais été respecté depuis 2009 (qui fera 16 ans de contre-performance en 2025), en raison de l’explosion des recrutements en la fonction publique, par rapport aux retraites.

En effet, le même document montre qu’entre l’année 2011 et fin juin 2021, les effectifs de la fonction publique camerounaise sont passés de 206 212 à 346 557 personnes, soit une augmentation de 68%. Les dépenses de personnel ont suivi la même tendance à la hausse, passant de seulement 681,4 milliards de FCFA à plus de 1 000 milliards de FCFA sur la même période.

Pour ramener le seuil du ratio de soutenabilité de la masse salariale de l’Etat en dessous de 35% d’ici 2025, le Cameroun envisage de renforcer les mécanismes de contrôle et de poursuivre la consolidation de la masse salariale de l’Etat, selon le Document de Programmation Economique et Fiscale à moyen terme (2023- 2025). Il s’agit également de réformer le processus de recrutement et la gestion des ressources humaines de l’Etat, d’assurer la maîtrise des effectifs et d’assurer la cohérence entre la qualité du recrutement et les besoins en personnel indispensables à la dynamisation des secteurs prioritaires. conforme au SND30. L’Etat entend également accélérer les conditions d’une mise en œuvre effective du nouveau système de gestion du personnel et des salaires, notamment Sigipes II.

Employés fictifs

Le recensement physique des employés de l’État (Coppe), organisé par le ministère des Finances à partir de 2018, a permis de retirer des milliers de fonctionnaires fictifs de la masse salariale de l’État et d’identifier les retraités et les employés encore actifs qui ont déterminé à tort les versements et autres avantages résultant de pratiques répréhensibles. Selon le Premier ministre, Joseph Dion Nguté, cette opération a permis au Trésor d’économiser au total 51 milliards de FCFA sur la masse salariale des fonctionnaires d’ici 2021.

S’agissant de la rationalisation des recrutements, on peut noter que, par exemple, le 11 juin 2021, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Lé, a signé 28 arrêtés ouvrant des concours pour le recrutement de nouveaux agents dans diverses autorités publiques, pour l’année 2021. Au total, il n’y avait que 1 536 postes vacants. Ce chiffre montre une diminution drastique par rapport aux 3 700 postes pourvus en 2020, contre 5 411 et 5 179 postes ouverts en 2019 et 2018 respectivement.

Parallèlement, dans une correspondance en date du 19 mai 2022, cosignée par les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Fonction publique, dont le destinataire est le secrétaire général de la présidence de la République, le gouvernement propose qu’il pourrait suspendre, à compter de l’année 2023, l’intégration automatique dans la fonction publique des enseignants formés dans les Écoles normales supérieures (ENS) et les Écoles normales supérieures de l’enseignement technique (Enset).

Cette hypothèse est d’autant plus envisageable que, admet le gouvernement dans le document annexé à la loi de finances 2022 et évoqué plus haut, l’explosion des recrutements dans la fonction publique est surtout le fait de l’intégration automatique dans les effectifs de l’Etat de l’ENS et diplômés de l’Enset dans le pays. « De 30 640 à 83 308 entre janvier 2010 et juin 2020, le nombre d’enseignants du secondaire a été multiplié par 2,7. Ils représentent désormais 34,4 % de la fonction publique, contre 15,8 % début 2010. De même, leur masse salariale représente 32,3% contre 21% en 2010« , nous apprenons.

Brice R. Mbodiam

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Source: Investir au pays

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