La société bancaire camerounaise impliquée dans l’escroquerie de 9 millions de francs CFA à un camerounais de la diaspora

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L’ingénieur agro-industriel Georges Mbotchack, installé à Londres depuis 25 ans, s’est engagé il y a quelques années à investir dans un projet à Douala et a ouvert un compte auprès de l’agence SCB de Bonanjo.

Pendant quelques années, il y a économisé son argent durement gagné. Parfois, il déduisait des sommes qu’il avait investies pour les travaux de son projet.

Mais à la fin de l’année dernière, quelque chose d’étrange va se produire. Il s’est rendu au Cameroun en décembre dernier et, comme toujours sûr de lui, s’est rendu au guichet de l’agence pour retirer une somme d’argent. Il remet le chèque pour le prélèvement automatique, et l’agent de service le regarde avec surprise et lui dit que son compte est vide.

C’est le début d’une incroyable affaire qui va impliquer et mettre à nu tout un réseau mafieux, impliquant des magistrats du parquet de Douala, des agents du service judiciaire de la banque en question, un agent de la préfecture de Douala et un récidiviste notoire criminel de droit commun en les couloirs du prétoire de Douala.

Le scénario commence par une condamnation erratique de la victime, qui en son absence et à son insu doit être évoquée par le Tribunal de première instance de Douala sur la base d’une plainte déposée par un certain Sadeu Michel, accusé de justice et de sans-abri, qui parcourt quotidiennement les allées du parquet et sert de « marketeur », une sorte de métier bizarre où il joue l’intermédiaire entre les magistrats d’affaires du parquet et les justiciables en quête d’appuis sournois. Le sieur Sadeu est donc habitué à ces lieux où il a réussi à tisser tout un faisceau de relations mafieuses avec des juges de moralité douteuse.

La plainte du sieur Sadeu allègue qu’il aurait été victime d’une agression de la part de l’ingénieur et réclame 9 000 000 FCFA de dommages et intérêts. Un montant qui correspondait exactement au montant qui se trouvait sur le compte de la victime auprès de la SCB. Dans sa décision, le procureur de la République accepte simplement la demande de l’escroc et fait une demande de virement de cette somme sur le compte. Une demande que la banque s’est empressée d’exécuter, au mépris de ses obligations d’informer son client de cette procédure et du droit au secret bancaire.

Pour obtenir le numéro de compte de la victime malchanceuse, ce réseau a eu recours à un stratagème crapuleux mais imparable. Sieur Sadeu s’est présenté à un partenaire victime et a prétendu vouloir acheter des marchandises, et avait donc besoin du numéro de compte pour le paiement. Une astuce qui suggère que ce monde souterrain reçoit son premier coup depuis que l’astuce a fonctionné. Mais il y a un élément troublant dans le dossier qui empêche le crime d’être parfait. L’orthographe du nom de l’ingénieur apparaissant sur l’ordonnance du tribunal contient une majuscule.

C’est à ce niveau que le service juridique de la banque entame des manœuvres compliquées. Logiquement, la banque protège son client dans une telle situation. Mais un agent du service judiciaire de cette institution, un certain Tchaleu Robert, conseillera à l’escroc d’obtenir de la police une attestation d’individualité qui couvrira la banque dans l’opération. Ce dernier obéira, mais rencontrera des obstacles insurmontables dans les commissariats, qui tous rejetteront sa demande et exigeront une pièce d’identité ou une procuration de l’ingénieur, seul habilité à demander un tel document, et que le sieur Sadeu ne peut fournir.

Il se tourne donc vers la préfecture où il a quelques amis, sans doute du même acabit. Cependant, les préfectures ne sont pas habilitées à délivrer ce type de documents. Il en reçoit toujours un, qu’il repose sur le canapé. Et voila ! le montant de 9 000 000 CFA disparaît donc du compte d’ingénierie. Mais le crime manque encore un peu pour être parfait. Le réseau, qui comptait sans doute sur l’effet de surprise, rencontrera des difficultés.

La victime effectuera un voyage impromptu au Cameroun lorsque les transactions finales pour le transfert de la somme entreront dans leur phase finale, car en attendant que Sieur Sadeu présente le certificat d’individualité nécessaire pour se couvrir, la banque a fait saisir un conservatoire. Cela signifie que, bien que l’argent ne soit plus disponible sur le compte de la victime, le montant reste sous le contrôle de la banque qui, face à l’arrivée de son client désabusé, ne sait plus quoi faire. Et l’on apprend de sources internes que les agents de la Direction Juridique recevraient la somme de 1 000 000 CFA pour services rendus.

L’arrivée de la victime a permis de déjouer le coup et de briser le complot. Mais le parquet de Douala, où d’ignobles magistrats impliqués dans l’affaire et mouillés jusqu’au cou se lèchent encore les babines, le sieur Sadeu et son petit réseau s’accrochent toujours désespérément aux biens d’autrui, les laissant pour plusieurs années économiser du travail, dont ils veulent lutter par la force, sous le couvert trompeur de la loi.

Et on apprend que cette banque n’en est pas à son coup d’essai. Elle aurait, semble-t-il au sein de son département juridique, des agents de très mauvaise moralité qui entrent en relations dans les cercles pervers du capital économique, ternissant ainsi la réputation d’une banque autrefois connue pour son sérieux. Ce réseau cible principalement les Camerounais de la diaspora, notamment ceux qui investissent au Cameroun. Ils savent que ces derniers n’habitent pas là et qu’ils auraient porté leurs coups entre deux voyages.

Boris Bertold

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Ref. : 237online.com

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