Loi de financement 2022 : l’optimisme incertain du gouvernement

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La force de Yaoundé compte sur un budget de relance et d’investissement en 2022, pour soutenir la croissance économique issue de la crise du Covid-19.

Le régime de Yaoundé veut façonner l’ère post-Covid et est véritablement engagé dans la relance et l’investissement. Dans la proposition de financement pour 2022, soumise à l’Assemblée nationale, le gouvernement table sur une croissance de 4,2%.

Celle-ci bénéficierait notamment de l’endiguement de la pandémie de Covid-19, des conséquences de l’organisation de la Can, d’une contraction moins prononcée du secteur pétrolier et gazier et de la réduction des inquiétudes sécuritaires. On note donc une augmentation de 0,6% par rapport à 2021 où le taux de croissance était de 3,6%.

En substance, le budget de l’Etat pour l’exercice 2022 est équilibré en termes de ressources et utilise 5 752,4 milliards de francs CFA contre 5 480,4 milliards de francs CFA en 2021, soit une augmentation de 5%, ce qui s’élève à 272 milliards de francs CFA.

Selon le gouvernement, « cette augmentation significative est la conséquence logique de l’appui budgétaire suite à la signature du nouveau Programme économique et financier (PEF) conclu avec le FMI ».

Par ailleurs, l’objectif général de la politique budgétaire, justifie le gouvernement, « reste la soutenabilité des finances publiques à moyen et long terme et la bonne mise en œuvre du SND30 ».

Une orientation fondée sur la réglementation contenue dans la circulaire du Président de la République du 30 août 2021 relative à la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2022.

A noter que dans le prochain budget, « la part consacrée aux Comptes fiduciaires (Caisses) sera de 152,7 milliards de FCFA, contre 245,2 milliards en 2021 ».

Aussi, les recettes intérieures et les dons pour l’exercice 2022 sont estimés à 4 029,2 milliards, soit une augmentation de 468,3 milliards de francs CFA par rapport à la loi de finances rectificative de 2021 qui les portait à 3 550,8 milliards. , soit une augmentation de 13,2 %.

Recettes et dépenses

Concrètement, la grille des recettes est la suivante :
• recettes pétrolières et gazières (562 milliards de francs CFA) ;

• les recettes fiscales et douanières (3 088,7 milliards de francs CFA) ;

• les recettes non fiscales (216,2 milliards de francs CFA) ;

• dons (142,3 milliards de francs CFA) ;

• remboursement à l’Etat d’avances (20 milliards de francs CFA).

Les dépenses publiques hors dette seront ramenées à 15,3% du PIB, soit un volume de 79,6 milliards de FCFA.

Ils sont répartis comme suit :
• charges courantes hors intérêts (2 645,4 milliards de Fcfa) ;

• les dépenses d’investissement (1,479 milliard de FCFA) ;

• dette publique (1 475,3 milliards de francs CFA).

Par ailleurs, les dépenses courantes sont constituées des dépenses de personnel (1 124,8 milliards), des achats de biens et services (877,4 milliards et des transferts et subventions (653,2 milliards), tandis que les dépenses en capital augmentent de 127,7 milliards de Fcfa, soit 9,4% par rapport à l’année précédente.

Dans le projet de loi soumis au parlement pour examen, le gouvernement arrêtera d’autres financements et charges de trésorerie s’élevant à 1 235,7 milliards de FCFA.
Il s’agit de :
• l’annulation de la dette extérieure (520 milliards de FCFA) ;

• remboursement de la dette intérieure (501,7 milliards de francs CFA) ;

• remboursement des crédits de TVA (84 milliards de francs CFA) ;

• Trésorerie CAA / encours de dette non structurée (100 milliards de FCFA) ;

• annulation de la dette au profit des correspondants (30 milliards de FCFA).

Pour financer ces besoins, d’un montant de 1,745,5 milliard, le gouvernement s’appuie sur un certain nombre d’instruments, à savoir :
• tirage sur prêts projets (746,5 milliards de francs CFA) ;

• émission de titres publics (350 milliards de francs CFA) ;

• financement bancaire (184 milliards de francs CFA) ;

• appui budgétaire (369 milliards de francs CFA) ;

• Tirages de DTS (70 milliards de francs CFA) ;

• Fonds de secours de la Banque mondiale (35 milliards de francs CFA).

A terme, la loi de financement 2022 vise à consolider la position extérieure du Cameroun et viser la poursuite de la croissance et relever les nouveaux défis du SND30 à partir de 2022, sans l’amélioration induite des conditions de vie des populations.

Orientation budgétaire

Pour rappel, le 6 juillet, grâce au débat d’orientation budgétaire sur la préparation du projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2022, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avait initialement prévu une enveloppe de 5 649,7 milliards de Fc. temps décrivant l’action de l’État dans la continuité.

Les priorités fixées par le gouvernement comprenaient :
• la poursuite de la mise en œuvre du plan global de riposte pour lutter contre le coronavirus et son impact économique et social ;

• l’achèvement de la mise en service des grands projets de première génération ;

• la mise en œuvre du plan présidentiel pour la reconstruction et le développement des régions touchées par des crises sécuritaires, notamment celles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord ;

• accélération du processus de décentralisation ;

• la poursuite de la mise en œuvre de l’assurance maladie universelle et de la politique du livre ;

• assurer une surveillance sécuritaire sur l’ensemble du territoire national ;

• l’organisation de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations) ;

• la réduction progressive du stock de la dette intérieure ;

• la mise en œuvre de réformes structurelles pour maintenir le Cameroun sur la voie de la croissance à l’horizon 2035, notamment à travers la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement (SND30).

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