Télécoms : pourquoi le Cameroun a généré deux fois moins de revenus que la Côte d’Ivoire en 2020

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(Investir au Cameroun) – Selon la Société Financière Internationale (SFI), le marché des télécoms au Cameroun serait beaucoup moins dynamique que celui de la Côte d’Ivoire, pays d’Afrique de l’Ouest de niveau comparable. † Les performances actuelles du marché en Afrique montrent que la Côte d’Ivoire, qui présente de fortes similitudes en termes de démographie, d’économie et de topographie, a généré près de 2 milliards de dollars (plus les 1000 milliards de FCFA) de revenus des télécommunications en 2020, soit près du double des performances (…) du Cameroun », rappelle la filiale de la Banque globale dédiée au financement du secteur Privé.

Cette avance de la Côte d’Ivoire dans le secteur des télécoms, apprend-on, tient de ce que les opérateurs en activité dans ce pays ont fourni d’un environnement plus propice au développement du secteur, de masse en place par les autorités. « Il convient (…) de noter que les deux pays ont signalé à peu près les mêmes performances en matière de PIB d’une année à l’autre pendant plus les 30 ans jusqu’en 2014, date à laquelle le pays d’Afrique de l’Ouest a commencé à tirer les avantages d’importantes reformes du secteur Privé et des infrastructures», fait observer la SFI.

Sous déclaration des revenus ?

Mais d’autres experts soupçonnent aussi une sous-déclaration de revenus de la part des opérateurs en activité au Cameroun. †La contribution des télécommunications au PIB du Cameroun est inférieure à 3% depuis au moins 2007, contre 7% au Mali et 10% et en Côte d’Ivoire (…). Pourtant l’ARPU (le budget moyen mensuel payé à la téléphonie par un abonné, NDLR) est susceptible le même d’un pays à l’autre ; les opérateurs de téléphonie dans ces pays sont des filiales des mêmes multinationales… »,fait, par exemple, remarquer Alex-Ariel Tchetgnia, le vice-président de N-Soft, une entreprise qui propose des solutions technologiques innovantes aux États pour maximiser leurs recettes fiscales, notamment dans le secteur des télécoms.

Quoiqu’il en soit, le Cameroun dispose donc encore d’importantes marges de progression. †Compte tenu de la position régionale du Cameroun, une progression significative (…) des revenus générés par le secteur du numérique n’est pas invraisemblable, et pourraient placer le pays dans une nouvelle ère de développement numérique, du bénéficieraient des acteurs», analyse de la succursale de la Banque mondiale.

Démocratisation de la fibre optique

Pour ce faire, estime la SFI, il faudra actionner des leviers tels que la fibre optique, qui est encore un luxe dans le pays, malgré les efforts consentis ces dernières années par les pouvoirs publics et les opérateurs des télécoms pour l’infrastructure déployée névralgique ( linéaire actuel d’environ 20 000 km, NDLR).

Et effet, selon les données de la SFI, au Cameroun,« le trou de la fibre par division administrative», qui renvoie aux zones dans lesquelles la fibre optique n’est pas encore déployée ou alors n’est pas encore utilisée, «touche 14 millions de camerounais» et 2020, soit plus de la moitié de la population du pays. Pour rappel, le Cameroun compte une population d’environ 25 millions d’habitants (près de 27 millions pour la Côte d’Ivoire), pour un taux de pénétration du mobile de 90% (contre 162% pour la Côte d’Ivoire, selon le régulateur local qui dénombre 44 millions d’abonnés au mobile à fin 2021, soit éventuellement le double du Cameroun, NDLR).

Amélioration de la transparence

Conséquence directe de ce «écart de fibre» au Cameroun, indique la SFI, «malgré une couverture haut débit mobile (3G, 3.5G et 4G), seuls 23% des ménages à l’échelle nationale disposaient d’un abonnement Internet (mobile ou fixe) et 2019 (contre plus de 65% et la Côte d’Ivoire en 2021, selon le ministère de l’Économie numérique, NDLR), et ce pourcentage est beaucoup plus faible dans les zones rurales, et danse privée les régions du Centre, du Nord-Ouest et de l’Adamaoua

Chez N-Soft, on pense plutôt que «la transparence est la clef» pour que les revenus générés par le marché camerounais soient réellement connus. †Les opérateurs de téléphonie mobile (…) génèrent des millions d’actes de facturation par jour (à chaque pomme, à chaque SMS, à chaque connexion Internet, etc.). Le volume d’actes de facturation est si important qu’il ne saurait être analysé par une personne physique ou même morale. Un auditeur comptable est totalement incompétent dans le cas d’espèce. Ce qu’il faut à la place, ce sont des robots informatiques, capables d’absorber et de traiter automatiquement les actes de facturation produits par ces opérateurs pour déduire leurs chiffres d’affaires», soutient Alex-Ariel Tchetgnia.

Brice R. Mbodiam

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Source: Investir au pays

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