Cameroun- SG de la présidence : le remplaçant de Ferdinand Ngoh Ngoh divulgué, voici les détails!

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Le ministre d’État et secrétaire général de la présidence de la République (SGPR) Ferdinand Ngoh Ngoh est sur toutes les lèvres au Cameroun. Le Tribunal Criminel Spécial (TCS) veut auditionner le punker. Le puissant collaborateur de Paul Biya refuse de se présenter comme de l’actualité. Le journaliste Michel Biem Tong dresse le revers de la médaille de cette affaire qui occupe le paysage médiatique depuis plusieurs jours.

Franck Biya contre Ferdinand Ngoh Ngoh : une bataille de clans débouchant sur une crise institutionnelle puis une éventuelle crise politique

Ligne de chute 94/65. Cas du fonds Covid-19. Affaire Jean-Pierre Amougou Belinga / Direction des Impôts. Alors que le moment d’un éventuel changement politique approche, les batailles juridiques se multiplient sur fond de lutte de succession au sommet de l’État.

Ce qui est curieux dans ces batailles de clans, c’est qu’elles se déroulent dans le lobby politique de Beti-bulu, le fameux « Essingan » que le notoire chef des renseignements camerounais Jean Fochive a récemment surnommé « le clan ».

D’un côté le clan « Bulu », qui ne jure que par Emmanuel Franck Biya, de l’autre le clan « Nanga », dont le relayeur est Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout puissant secrétaire général à la présidence et proche de la première dame, Chantal Biya.

Emmanuel Franck Biya et le clan Bulu préféré

Dans cette guerre désormais ouverte entre les deux clans, les soi-disant « Bulus » semblent avoir le dessus. Car ce clan contrôle la justice (pour neutraliser les éventuels adversaires), les finances publiques, l’armée, la police, la sécurité du Palais de l’Unité et du Président, et les services secrets en interne et en externe.

Dans ce groupe on retrouve des personnalités telles que le ministre de la justice Laurent Esso, le ministre des finances Louis Paul Motaze, le directeur du cabinet civil Samuel Mvondo Ayolo, le directeur de la sécurité présidentielle Ivo Desancio Yenwo, le commandant de la garde présidentielle le colonel Beko’o Abondo, le contre-amiral Fouda Joseph, Conseiller spécial de Paul Biya, délégué général à la sécurité nationale (chef de la police et du renseignement intérieur), Martin Mbarga Nguele, ministre de la défense Joseph Beti Assomo, directeur de la direction générale des recherches extérieures (DGRE), Eko Eko Maxime.

Sans oublier le tout-puissant homme d’affaires et trésorier de facto du clan Jean-Pierre Amougou Belinga, président du groupe de presse l’Anecdote (dont la chaîne de télévision Vision 4 a eu les premières informations sur le mandat contre Ferdinand Ngoh Ngoh).

Un autre atout important de ce groupe est le soutien de la France (dont le Cameroun reste malgré les discours souverains des dirigeants camerounais) à Emmanuel Franck Biya.

La France est furieuse contre Ferdinand Ngoh Ngoh pour avoir confié, entre autres, le port de Douala (construit par la France au début des années 1920) à ses hommes et la sécurité de cette infrastructure stratégique (ainsi que celle de l’aéroport) à Israël.

Ferdinand Ngo Ngo, bientôt la chute ?

Quoi qu’on en dise, l’avenir est décevant pour le punk de Minta, qui ne cache plus ses aspirations présidentielles. Son réseau d’influence ne pourra pas renverser le cours des événements en sa faveur.

Côté sécurité, Ferdinand Ngoh Ngoh contrôle le bataillon d’intervention rapide, une unité spéciale de l’armée dont le commandant, l’Israélien Eran Moas, est un ami personnel. Mais en face du BIR (dont un gros service assure la sécurité du Palais présidentiel) se trouve la Garde présidentielle et la Sûreté, dernières ceintures autour du chef de l’Etat.

Ferdinand Ngoh Ngoh ne peut pas non plus compter sur le soutien du sulfureux ministre de l’Administration territoriale et non moins chef du Conseil national de sécurité (chargé de la centralisation du renseignement), Paul Atanga Nji. Ce dernier a des démêlés avec le tribunal correctionnel spécial devant lequel il répond de sa responsabilité dans la gestion des fonds Covid-19.

Pour sauver la face, il sera contraint de délivrer puis de lâcher son parrain. Idem pour Galax Etoga, le chef de la gendarmerie nationale, qui ne lui est d’aucune utilité.

Du point de vue du renseignement, son chéri, le colonel Bamkoui Emile, commandant de la division de la sécurité militaire, est proche de la retraite. Afin d’espérer une reprise, il se sentira obligé de se mettre au service du clan qui a la faveur des pronostics.

Côté finances, Ferdinand Ngoh Ngoh ne peut pas compter sur son homme de main Modeste Mopa pour diriger le fisc, les impôts collectés étant transférés sur le compte du trésor de l’Etat tenu à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).

Rappelons que le président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (dont la BEAC est actionnaire) n’est autre qu’Evou Mekou, neveu de Paul Biya, c’est-à-dire « frère » du fils Emmanuel Franck Biya (tous deux, tous, comme Motaze, sont impliqué dans l’affaire du détournement de plusieurs milliards de francs CFA liés à des obligations d’État à coupon zéro qui ont fait défaut en 2012, voir le lien ?) .

Sur le plan judiciaire, Ferdinand Ngoh Ngoh ne contrôle que le contrôle supérieur de l’État, point de départ par excellence des affaires de l’opération Epervier. Cet organe, sur ordre du SG/PR, a lancé des enquêtes sur l’administration des lignes budgétaires 94 et 65 pour attaquer le clan Bulu.

Mais cette enquête n’aura aucune suite judiciaire puisque le Tribunal pénal spécial (TCS), créé en 2011 par feu Jean Foumane Akame, membre du clan Bulu, est contrôlé par les hommes du fils d’Emmanuel Franck Biya.

Pour « Oncle Ferdinand » seule la Première Dame reste comme support de poids. Mais jusqu’où ira ce tandem qui a le don de paralyser tout le pays ?

« Neutraliser » Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh coûte que coûte, un impératif
Il est clair que le refus de Ferdinand Ngoh Ngoh de se conformer à l’assignation des juges du TCS et le recours aux éléments du BIR pour se protéger d’une arrestation violente en exécution du mandat d’arrêt délivré par les juges du TCS sont des indices de sa toute-puissance.

Selon des sources bien informées, Paul Biya a reçu Ferdinand Ngoh Ngoh en audience lundi soir dernier au Palais de l’Unité pour lui promettre son soutien. D’où l’annulation du mandat d’arrêt contre lui. Cela ne signifie en aucun cas l’arrêt des poursuites judiciaires à son encontre. L’homme punk reste en sursis.

Pendant ce temps, Chantal Biya jure : Ferdinand Ngoh Ngoh ou rien. En effet, nous apprenons de sources sûres que Chantal Biya s’oppose à tout remaniement ministériel qui lui enlèverait son filleul Ferdinand Ngoh Ngoh. Mais Paul Biya veut s’en débarrasser sous la pression des Français et du clan Bulu. Que faire ?

Autrefois cachée, la guerre des clans est désormais ouverte au sein des institutions de la République. Pour sortir et mettre Emmanuel Franck Biya sur la sellette, il faut casser les serrures Chantal Biya et Ferdinand Ngoh Ngoh. Mais comment ?

Le scénario possible, concernant initialement la Première Dame, est de l’éloigner du Palais présidentiel et même du pays. Cette tâche pourrait être confiée aux agents du commissaire Eko Eko de la DGRE, en liaison avec les éléments de la DGSE (contre-espionnage français) qui sont de permanence à l’ambassade de France à Yaoundé.

Par exemple, un membre de son cercle d’amis pourrait lui proposer un voyage touristique à l’étranger en France, en Suisse ou aux USA. Et pendant qu’elle y reste, Paul Biya change de gouvernement. Pour son pouvoir et ses relations avec les Français, Paul Biya peut se passer de sa femme (pensez à Jeanne Irene Biya !).

Quant à Ferdinand Ngoh Ngoh, la stratégie de sa neutralisation pourrait viser à l’isoler des affaires de l’Etat. L’article 4 du décret n° 2011/412 du 9 décembre réorganisant le Présidium de la République prévoyait le transfert de signatures aux députés du SG/PR pour des missions spécifiques.

Ce mécanisme judiciaire pourrait être déclenché de telle sorte que Paul Elung Che ou Mohamadou Moustapha soit désormais la courroie de transmission entre le gouvernement, les services de la Présidence et Paul Biya. Quant au BIR, il suffit de promettre de l’argent et des promotions aux responsables des différentes composantes de ce corps, et Ferdinand Ngoh Ngoh sera acculé.

Un nouveau gouvernement pourra ainsi être installé et le clan Bulu pourra repositionner ses pions en vue de la lutte pour s’emparer du pouvoir d’Emmanuel Franck Biya. Même si rien n’est totalement acquis pour ce dernier.

Rf:camerounweb

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