Conquête du pouvoir : après le MRC, l’UNDP minée par une grave crise qui fait le bonheur de Paul Biya, voici les détails!

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Aboubakar Sabat, membre du comité central de l’Undp. «L’Undp est victime de blocages et règlements de compte dans l’Adamaoua»

L’actualité de ces derniers jours est ponctuée par des démissions des cadres et militants de l’Undp, votre parti, qui rejoignent particulièrement le Rdpc dans la région de l’Adamaoua. Que vous inspire cet état de chose et comment se porte l’Undp ?

Je vous remercie de me donner cette autre opportunité de m’exprimer au sujet particulièrement d’actualité de la soidisante démission des conseillers municipaux de l’Undp pour aller dans l’autre camp. Nous, à l’Undp, nous avons constaté qu’il y a une grosse mascarade politico-administrative des élites du Rdpc en mal de sensation qui essaient de montrer au public qu’il y a des démissions au sein de l’Undp. Nous voulons dire que nous ne partageons pas du tout cet avis selon lequel l’Undp est en train de perdre des militants, et encore plus, des cadres. Ce que nous voyons ces derniers jours, ressemblent à un théâtre orchestré par des élites qui, elles-mêmes, sont rejetées dans leur propre camp. De fait, après les élections de février 2020, un haut cadre du Rdpc, dans la demeure d’Alhadji Abbo à Ngaoundéré, avait dit que « nous on travaille et paul Biya nomme Moustafa ». Nous pensons que l’élite du Rdpc cherche plutôt la légitimité derrière des actions isolées. Vous connaissez également la proximité qu’il y a entre le préfet et l’élite administrative et politique de Banyo spécialement, après sa cuisante défaite aux municipales de 2020 ; également, après la prise de l’Undp de la Région. Donc, nous savons d’où vient ce phénomène et sommes tout aussi convaincus que c’est un épiphénomène. C’est juste de la gesticulaton des gens qui sont en perte de vitesse politiquement, et d’autres qui cherchent à se positionner sur l’échiquier et ne trouvent pas leur place.

Mais peut-on réellement parler de gesticulation, quand on a vu des cadres et militants de votre parti signifier clairement leur démission à certaines de vos instances ?

Je vais être bref et juste avec vous. A Banyo, il s’est produit une démission de celui qu’on appelle le président de la section et en même temps premier adjoint au maire de Banyo. En effet, ce monsieur est en indélicatesse avec la justice. Sa démission est une pression venue du pouvoir qui l’a amené soit à quitter le bateau, soit à aller en prison. Ce monsieur a créé un réseau de distribution et de vente parallèle des tickets de la mairie dans les places de marché. Ayant été pris en flagrant délit, l’Undp n’a pas voulu le traduire en justice ; l’administration s’est saisie de l’affaire et le monsieur en question a été menacé. Il avait donc le choix, soit de partir de l’Undp, soit alors d’aller en prison. C’est quelqu’un qui, normalement et moralement, ne devrait plus faire partie de nos rangs. La théâtralisation de sa démission relève donc d’une manipulation et de la mascarade pure et simple. Du coup, si le Rdpc est content de recevoir dans ses rangs une personne accusée de vol des deniers publics, et donc, qui a une moralité qui laisse à désirer, nous lui faisons cadeau de ce bonhomme et même de son titre de conseiller municipal. En dehors de lui, je vous rappelle aussi que les cinq autres conseillers qui soi-disant sont partis, n’ont pas, sauf erreur de ma part, déposer une lettre de démission auprès de la fédération Undp de Banyo. Ces cinq, qu’on a montré à la télévision, montrant des bouts de papier, ne sont pas démissionnaires de l’Undp. Pareil schéma est opposable aux six autres conseillers municipaux présentés dans une vidéo qui a circulé. Ces conseillers, dont trois de Galim-Tignère et trois de Nyambaka, n’ont pas présenté de lettres de démission à l’Undp. Nous considérons donc que soit ces gens sont pris en otage, soit ils sont menacés, soit alors, il y a des choses qui se trament contre l’Undp à partir des manipulations dont le parti est victime.

Qu’est-ce qui se trame contre l’Undp, selon vous ?

Vous savez, toute formation politique a vocation de prendre le pouvoir et de le gérer dans sa plénitude. Il se passe que, le Rpdc qui a perdu neuf communes dans l’Adamaoua, a perdu la mairie de la ville, a perdu le Conseil régional, veut se resurgir et se refaire une santé pour les prochaines élections sénatoriales, nonobstant le fait que les sénateurs de l’Adamaoua sont de ce parti. Cependant, à s’en tenir à un petit calcul mathématique, le collège électoral actuel ne leur permet pas de se maintenir. C’est dire que si les élections se passaient aujourd’hui même, mathématiquement, ils sont perdants. Les grands électeurs sont connus et il y a une pression qui s’exercent sur eux. C’est cette pression qui nous amène à ce que vous voyez comme un simulacre de démissions. On voit même des hauts responsables de ce pays qui font des vidéos, pourtant, leurs hautes fonctions devraient les amener à avoir un peu de recul. Nous trouvons simplement ces attitudes lamentables. D’ailleurs, on a vu et écouté récemment tout un préfet déclarer qu’à l’Undp, c’est le pacte de sang. Il était, à se référer à ce qu’il a dit, en campagne pour le Rdpc ; tout un administrateur civil qui est censé être apolitique. Je suis simplement choqué par cette attitude d’un haut fonctionnaire aussi rompu à la tâche, qui se comporte comme un vulgaire homme de la rue. Je ne pense pas que l’Enam forme des fonctionnaires pour qu’ils viennent sur le terrain, se comporter en brigands. C’est dommage qu’un responsable de ce rang parle de l’Undp comme si c’était une secte. Mais je comprends, c’est le désarroi. Les fonctionnaires pensent que s’ils perdent dans leurs circonscriptions, ils vont être virés, démis de leurs fonctions. Mais de là à déclarer de telles inepties, c’est déplorable et il devrait présenter des excuses publiquement ou alors être démis de ses fonctions. Nous sommes quand même dans une République, dans un Etat laïc où on ne peut pas promouvoir ce genre de pratiques et des déclarations de cette nature. Il doit des explications au peuple camerounais. Il doit des excuses à l’Undp. A défaut, on pense que des actions judiciaires devraient être engagées contre lui. Il faut qu’il nous prouve que l’Undp a signé un pacte de sang avec ses militants. L’Undp, qui est diffamée dans cette affaire, a qualité pour ester en justice. L’administration territoriale est un corps noble. Et dans le cas de l’autorité dont on parle, l’arbitre est devenu joueur, au point où il marque des buts à la place de l’adversaire. La République est en train de foutre le camp. Et ce monsieur récidive parce qu’il n’a pas été réprimandé lorsqu’il a fait des déclarations contre l’Undp, à l’époque. Je crois que son patron devrait quand même regarder ce dossier de près.

Alors, revenant sur les actions de l’Undp qui a pratiquement tout raflé dans l’Adamaoua, comme vous l’avez indiqué, l’on observe quand même une sorte de blocage s’agissant du développement de la région. Que se passe-t-il ?

La prise de pouvoir, l’installation, les projets, le planning et autres prennent du temps. Nous sommes aussi dans le cadre du budget programme, ce qui fait que pour la plupart des ouvrages qui concernent la région de l’Adamaoua, il y a des contrats qui avaient été passés avant que l’Undp n’arrive au pouvoir dans la région. Nous faisons aujourd’hui des suivis sur les dossiers sur lesquels nous n’avions pas la maîtrise. Vous avez vu, à la première année de la mairie de la ville, Ngaoundéré a pratiquement changé. Il y a des réalisations du maire de la ville, notamment des ponts, des routes. Mais peutêtre que l’état déplorable dans lequel nous avons trouvé la région, Ngaoundéré particulièrement, n’aide pas. Vous savez aussi que c’est l’une des raisons pour laquelle ceux qui étaient là ont été balayés. Mais je pense qu’on peut donner encore du crédit à l’Undp ; il y a un début d’activités, il y a des résultats perceptibles et nous pouvons encore faire mieux. Un autre élément que vous n’ignorez pas, c’est que le gouvernement ne nous fera pas de cadeaux. On va même dire que ce gouvernement ne veille pas seulement qu’il y ait des blocages, ça peut s’apparenter à un règlement de comptes du genre : vous n’avez pas voté pour nous, on ne vous aide pas. C’est l’impression que nous avons globalement. Mais malgré tout cela, on ne va pas baisser les bras. Nous avons le souci de rendre service à nos populations et les aider à avoir de meilleures conditions ; nous nous attelons à ce que nos promesses soient tenues.

Mais est-ce qu’avec cette contre-campagne que vous dénoncez du camp d’en face, et non moins allié de circonstance, le militant Undp dans l’Adamaoua ou partout ailleurs, peut-il se sentir confiant et fière d’appartenir à ce parti ?

La politique, c’est une question de foi. Nous sommes vraiment sereins et ce que nos détracteurs font, c’est du boomerang. Nous avons leur jeu très tôt ; pendant qu’ils cherchent à nous piquer quelques gens, nous travaillons en silence. Je vais vous dire, nous avons gagné le conseil régional à partir de Banyo, sans avoir la majorité des conseillers municipaux. Ça veut dire que pendant qu’ils cherchent les vermines que nous on cherche à extraire de chez nous, il y a des bonnes gens chez eux qui savent que travail se fait en face. Et ces bonnes gens-là vont continuer à nous faire confiance pour que l’Undp rempile dans la Région. Je crois que les actions actuelles du camp d’en face sont comparables à cette montagne qui accouche d’une souris. Nous sommes prêts pour le combat électoral et nous verrons bien après les élections si cette agitation a servi ou desservi le parti au pouvoir.

Source:camerounweb

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