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Marafa Hamidou Yaya : Un cri depuis les murs de Kondengui.

Dans une interview exclusive accordée au Magazine Jeune Afrique, l’ancien ministre camerounais Marafa Hamidou Yaya, condamné à 25 ans de prison pour détournement de fonds publics, revient sur les circonstances de son arrestation et de sa détention, ainsi que sur la situation politique et économique du Cameroun.

Une interview depuis les murs de Kondengui

Marafa Hamidou Yaya, ancien ministre camerounais de l’Administration territoriale et de la Décentralisation n’est plus à présenter. Il a accordé une interview exclusive à Jeune Afrique depuis sa prison de Yaoundé. Condamné à 25 ans de prison pour détournement de fonds publics dans le cadre de l’achat d’un avion présidentiel, il revient sur les circonstances de son arrestation et de sa détention, ainsi que sur la situation politique et économique du Cameroun.

Le choix de faire face à la justice

Marafa Hamidou Yaya déclare au Magazine Jeune Afrique qu’il s’attendait à son arrestation et que des hauts responsables du régime lui avaient suggéré de s’exiler. Cependant, il a choisi de se présenter devant la justice de son pays, car il ne pouvait pas exercer des responsabilités publiques et choisir la fuite. Il ajoute que sa plus grande douleur a été de ne pas pouvoir assister sa femme dans les derniers temps de sa maladie, car il n’en avait pas eu l’autorisation.

La trahison envers la Constitution

L’un des prisonniers les plus célèbres du Cameroun répond à Jeune Afrique qu’il ne se sent pas personnellement trahi par le président Paul Biya, car ils n’avaient aucun pacte. Cependant, il pense que la trahison est envers la Constitution, qui fait du président de la République le garant de l’indépendance de la justice. Il illustre cela par son cas personnel et de multiples scandales récents, où la justice est instrumentalisée au vu et au su de tous.

Le déclassement progressif du Cameroun

Marafa Hamidou Yaya se dit très inquiet du déclassement progressif du Cameroun, où le pouvoir compromet l’avenir commun en ne faisant pas les bons choix et en faisant les pires choix à leur place. Il cite comme exemples les infrastructures obsolètes, les stades de football et les hôtels coûteux, alors que les professeurs sont en grève faute d’être payés et que les femmes accouchent à la porte des hôpitaux.

La chute libre par rapport à la Côte d’Ivoire

Marafa Hamidou Yaya explique à Jeune Afrique que les conséquences de ces mauvais choix sont que le Cameroun est en chute libre par rapport à la Côte d’Ivoire, avec un écart de PIB qui s’est creusé de près de 20 milliards de dollars en défaveur du Cameroun entre 2011 et 2022. Il ajoute que le pouvoir d’achat moyen des Ivoiriens est supérieur de 40 % à celui des Camerounais, ce qui rend le marasme d’autant plus insupportable.

Appel à une Commission Vérité, Réconciliation et Refondation

Marafa Hamidou Yaya appelle à l’organisation d’une sorte de Commission Vérité, Réconciliation et Refondation pour le Cameroun, afin de réconcilier le pays avec lui-même et de recréer des liens de confiance entre les citoyens et les institutions, ainsi qu’entre les citoyens eux-mêmes. Il pense que cette honnêteté radicale sera une première étape permettant de sortir du marasme.

L’avenir entre les mains de la Providence

Concernant son avenir, Marafa Hamidou Yaya confie à Jeune Afrique qu’il croit pouvoir encore aider son pays, mais que sa santé et sa survie sont entièrement soumises à l’arbitraire du président de la République, Paul Biya. Il ajoute que pour ce qui est de son engagement futur au service de son pays, il reste aux mains de la Providence.

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