Cameroun – Nutrition : Le casse-tête d’une alimentation variée

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Dans les plats tous les jours la même nourriture. Le prix élevé des denrées alimentaires et le manque de ressources financières sont les facteurs qui entravent la variété et l’équilibre des paniers des ménages.

Odile Akam fait des allers-retours sur le marché d’Elig Edzoa. La mère s’enquiert des prix des différentes denrées. Au bout d’un moment, elle se rend dans une poissonnerie. Elle choisit trois poissons et les place sur le plat. « 4350 Fcfa », annonce la caissière. « J’ai 5000 FCFA de ration pour deux jours. Si j’achète le poisson à ce prix, je n’ai plus rien pour les épices et le supplément », gémit la jeune femme. Confuse, elle décide d’acheter du poisson fumé pour préparer la sauce aux arachides avec le riz. Pour elle, la nourriture au Cameroun devient de plus en plus compliquée. « Les enfants se plaignent de manger du riz 5 ou 6 jours par semaine, je dis qu’ils en mangeront plus. Avec le prix du riz qui augmente chaque jour, il ne sera même plus à notre portée. Je ne me souviens même pas de la dernière fois que j’ai fait de la banane plantain, du macabo ou de la pomme de terre », déplore-t-elle. Odile déclare qu’au Cameroun on rassasie la faim. La qualité n’a pas d’importance. « Seuls ceux qui en ont les moyens peuvent se soucier de la qualité de ce qu’ils consomment ou de manger équilibré », ironise la maman au foyer.
Il n’est pas facile pour Christelle Kounou de nourrir sa famille au quotidien. La maman veut alterner les menus. Manquant de ressources, il préfère la quantité à la qualité. « Le maïs gonfle. Alors je fais du couscous et change la sauce. Le week-end, je fais des légumes. Une fois par semaine, j’achète des fruits et de la salade. Avec tous ces efforts, j’essaie de nourrir mes enfants et mon mari avec une alimentation équilibrée », explique-t-elle.

« Je le fais avec les ressources disponibles. Je suis débrouillard. Je ne mange pas ; Je survivrai. Le « sauveteur » (ndlr tapioca) est au rendez-vous. Les femmes centrafricaines sont là avec le riz frit aux beignets-haricots », explique Patrick. Il indique que les pâtisseries occupent également une place prépondérante dans son alimentation. Du pain, il en a toujours en réserve. Il explique : « J’achète une boîte de beurre et de lait. Si je ne vais pas aux endroits pour manger, j’ai déjà mon repas prêt. La banane qui était à notre portée est trop chère. Le jeune homme constate qu’il s’inquiète pour sa santé. « Je mange trop de gras, une huile de mauvaise qualité que ces vendeurs utilisent. J’ai peur pour ma santé. » Clément, de son côté, se dit conscient de la mauvaise qualité de sa nourriture : « Je mange beaucoup de farine. Mon ventre grossit. Les problèmes de santé augmentent. Tout vient de ce que je mange. Je veux être prudent, mais mes ressources ne le permettent pas ».

La bonne affaire des « dos »

Les lieux de restauration ou de retour ne manquent pas dans la ville de Yaoundé. Dans tous les coins, la plupart des femmes et des jeunes hommes proposent des menus variés. Une aubaine pour beaucoup. « Ces gars-là nous ont sauvé la vie. Avec 500 FCFA le repas du jour est assuré. Je mange habituellement un plat avec des spaghettis sautés », explique Sorelle Njami. Le jeune enseignant regrette la situation économique qui vous empêche de bien vous nourrir. « Je mange des pâtes presque tous les jours. Que ce soit à l’arrière ou à la maison. Je varie avec du riz. Haricots, bananes mélangées, poisson fumé ornent parfois ma table. Le coût élevé de la nourriture et les conditions de vie nous obligent à manger pour survivre », a témoigné la jeune fille.

Aristide est abonné aux établissements de restauration. Son plat préféré est un mélange de riz, pâtes, haricots et sauce aux arachides. Il en consomme tous les jours. « Après avoir mangé ça, je n’aurai plus faim de toute la journée. » La Journée mondiale de la malbouffe est célébrée le 21 juillet de chaque année. Le but de cette journée est de déterminer qu’un certain type d’aliment est nocif pour la santé. La mauvaise nourriture peut être mortelle. L’alimentation est la première cause de décès dans le monde. Elle peut entraîner des maladies cardiovasculaires (excès de graisse), le cancer ou même le diabète. Selon une étude publiée dans la revue The Lancet en 2017, 11 millions de personnes meurent chaque année d’une alimentation malsaine.

Cécile Ambatinda

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Ref. : 237online.com

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