Crise anglophone : Accusés par les militaires de collaborer avec les séparatistes, les prélats, chefs traditionnels et élites répondent

0

Dans une interview exclusive à La Nouvelle Expression, le diocèse de Kumbo réfute ces accusations, certains Fons sous anonymat indexent d’autres Fons, et pour certaines élites la solution ne viendra pas de la culpabilité.if(typeof __ez_fad_position != ‘undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-3-0’)};

On rappelle qu’après un mois d’affrontements houleux entre les forces de défense et de sécurité et les groupes armés à Kumbo, l’autorité militaire a accusé les prélats, les élites et les chefs traditionnels de cette zone de collusion avec les séparatistes en guerre. Deux prêtres accusés ont été arrêtés par l’armée et traduits devant le tribunal militaire de Bamenda, la capitale de la région. Le révérend père Leonard Zifac, responsable des communications au diocèse de Kumbo, parle de l’intimidation par l’armée des abus religieux et militaires contre la population civile.

Bonjour Père, comment le Père Ngarba Sylvester a-t-il été arrêté ?

Le père Sylvester Ngarba du diocèse de Kumbo a été arrêté par l’armée camerounaise le 4 juin 2021. Il a été forcé et transporté à Bamenda dans un véhicule blindé militaire à tous les risques. Le père Sylvester Ngarba était accusé d’avoir collaboré avec des séparatistes armés encore appelés « ambazoniens », c’est-à-dire les « combattants d’Ambas ». Ils ont enlevé sa soutane et nous avons été forcés d’entrer dans ce véhicule blindé militaire. Il a ensuite été libéré sous caution au tribunal militaire de Bamenda vers 21 heures le même jour et a dû rester avec d’autres prêtres. Il a été prié de se présenter devant le tribunal militaire le mardi 8 juin, soit 4 jours après son arrestation. Je précise que c’est la deuxième fois que le père Sylvester Ngarba est arrêté par les militaires en deux semaines. Et le mardi 8 juin, lorsqu’il a comparu devant le tribunal militaire, il a fait sa déclaration et le tribunal militaire a déclaré qu’il n’était pas coupable des chefs d’accusation que j’ai cités plus haut. Il a été libéré mais on lui a dit que le juge pourrait avoir besoin de lui et qu’il pouvait le convoquer à tout moment si nécessaire. Donc le Père Sylvester a été relâché et il est retourné à Vekovi, là il a été arrêté, je tiens à préciser que Vekovi est une zone pastorale et le Père Sylvester est responsable.

Est-ce que certains religieux comme vous ici à Kumbo ont des contacts avec des groupes armés, les Ambas Boys comme on les appelle ici ?

Les prêtres et religieux du diocèse de Kumbo ressentent une grande insécurité. Tout d’abord, au début de la crise anglophone, tout le monde sait que les prêtres sont la cible de beaucoup, que ce soit les séparatistes, l’armée ou l’État. Rappelons que quelques années avant que les évêques de la province ecclésiastique de Bamenda ne soient traduits en justice, un prêtre a ensuite été assassiné à Manfé, on sait que tant les religieux que les prêtres sont kidnappés et emmenés ça et là dans les camps, arrêtés là et maintenant, aujourd’hui 2021 c’est le Père Sylvestre deux semaines après sa première arrestation à Kumbo, donc il y a beaucoup d’incertitude et le problème c’est pour quel motif un homme de Dieu est arrêté ? Quelles preuves avons-nous qu’il coopère, en fait dans le cas du Père Sylvester il y a assez de mécontentement dans l’air car le même prêtre du diocèse de Kumbo a été deux fois arrêté et molesté par les combattants séparatistes pour avoir brisé les portes de l’école en Vekovi où il travaille ! Alors sous quel prétexte la même personne battue par les combattants séparatistes peut-elle encore travailler avec eux ? Et à plusieurs reprises, lorsque les prêtres circulent, aux postes de contrôle militaires, les propos des militaires à leur égard ne sont pas rassurants. Certains nous ont dit que les prêtres à ces postes de contrôle sont insultés par des militaires qui les accusent de collaborer avec des combattants séparatistes et des promoteurs de la guerre.

Il y a assez de peur dans l’atmosphère, car en plus de ce que les militaires ont à faire, qui est de rendre justice et d’assurer la paix et d’assurer un environnement sûr, les dernières semaines à Kumbo, plus précisément du 20 mai et début juin, sont quand vous voyez ou écoutez l’armée, ils font ce que l’armée normale ne devrait pas faire, se battre, tabasser des gens et des civils innocents dans leurs maisons, ils volent leur argent, leurs ressources et détruisent leurs maisons et tout ça ! Il est normal que lorsque les gens voient un véhicule militaire, ils se sentent en sécurité, mais le signe d’un véhicule militaire signifie danger et les gens fuient. La question est donc de savoir qui protège qui ? Humainement parlant, oui, en tant que chrétiens, nous croyons que Dieu est notre protecteur. Nous savons également que l’armée est notre protecteur visible sur Terre. Mais si celui qui doit protéger est aussi une source de peur parce que les gens fuient, c’est parce qu’il y a des questions et donc assez d’incertitude et nous espérons que ce problème prendra fin et que la justice et la paix reviendront. Monseigneur George Nkuo appelle tous les prêtres et religieux et autres du diocèse de Kumbo à prier pour nos prêtres et pour le retour rapide de la paix et de la tranquillité au Cameroun anglophone, notamment à Kumbo aujourd’hui, l’ombre de ce qu’il était autrefois car du conflit »

if(typeof __ez_fad_position != ‘undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-4-0’)};De leur côté, certains chefs traditionnels contactés par La Nouvelle Expression ont confirmé ces allégations de manière anonyme. Ils prétendent que certains de leurs collègues patrons ne sont pas honnêtes. « En tant qu’assistants de l’administration, quand on nous demande des choses dont on sait qu’on ne veut pas répondre ou qu’on se cache, ça veut dire qu’on est de mèche avec les gamins de la brousse », a ajouté anonymement un autre chef. Pour certaines élites, comme le Dr. Nick Ngwanyam, ces allégations sont loin de résoudre le conflit en cours. Selon lui, « Le grand dialogue national a échoué, nous avons besoin d’un nouveau dialogue inclusif franc et sincère pour résoudre le problème. Nos enfants meurent dans l’armée comme Ambas, la guerre ne résoudra pas le conflit », explique-t-il.

Frédéric Takang

#Crise #anglophone #Accusés #par #les #militaires #collaborer #avec #les #séparatistes #les #prélats #chefs #traditionnels #élites #répondent

Ref. : 237online.com

Donnez votre avis et abonnez-vous pour plus d’infos

[gs-fb-comments]

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vidéo du jour: