Femmes, paix et sécurité au Cameroun : des acteurs majeurs exclus

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La convention, qui débutera à Yaoundé le jeudi 29 juillet, contient en germe une exclusion des principaux acteurs qui ont oeuvré pour vulgariser la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies et la Muse au lieu du plan national de ladite résolution.
Une reprise majeure qui profite à une minorité qui veut occuper le devant de la scène après le travail des autres. L’ensemble du document qui appelle à la participation de tous.if(typeof __ez_fad_position!=’undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-3-0’)};

« Prise de position sur le thème

Pouvons-nous construire l’avenir et construire une paix durable en niant l’histoire et les réalisations de la lutte pour l’inclusivité ?

Pour de nombreuses associations qui s’impliquent depuis de nombreuses années, la « Convention nationale des femmes pour la paix au Cameroun » de juillet 2021 à Yaoundé laisse un sentiment mitigé. Entre exclusion à peine déguisée et rétrofacturation, les règles de l’inclusivité ont été galvaudées. D’où le rappel nécessaire des initiatives précédentes et l’importance du principe onusien « Ne laisser personne de côté ».

La lutte des femmes camerounaises pour trouver des solutions pacifiques aux conflits et à la cohésion sociale a une histoire écrite au fil des ans par les efforts et la sueur des militantes de la paix. Le temps remonte peut-être à des décennies, mais la fermeté d’un Cameroun pacifique est restée le levain de plusieurs générations d’artisans de la paix pour les femmes camerounaises. Cependant, les défis auxquels ils sont confrontés ont continué de croître, avec l’augmentation des conflits. Grâce à l’appui des partenaires au développement et du gouvernement, les mouvements de femmes se structurent pour créer de plus en plus d’espace pour les femmes.

Un engagement ancré dans l’histoire

Bien avant la Convention de juillet 2021, pendant et après l’accession à l’indépendance du Cameroun en 1960, les femmes ont participé à la vie politique et à la réconciliation du pays. La détermination des pionnières a contribué à l’émergence de femmes militantes qui ont fait leur chemin à différents niveaux d’activités et de responsabilités, offrant l’occasion d’exprimer des mouvements de femmes, comme le Collectif pour le Renouveau fondé en 1982. la première célébration de la Journée des droits de la femme le 8 mars au Cameroun en 1984, la création du ministère de la Condition féminine, et bien d’autres avancées.

En 2004, le « CRI des Femmes Camerounaises », mouvement collectif de sensibilisation à travers des activités et des conférences à travers le pays, a été mis en place sous forme de mémorandum sur les questions prioritaires des femmes, à la suite d’un séminaire organisé par la Fondation Friedrich Ebert au profit des femmes de partis politiques. Le CRI est devenu le principal moyen de mobilisation et de sensibilisation des femmes camerounaises.

if(typeof __ez_fad_position!=’undefined’){__ez_fad_position(‘div-gpt-ad-237online_com-medrectangle-4-0’)};À la suite de ce travail des femmes, l’Agenda des Nations Unies pour les femmes, la paix et la sécurité (FPS) du Cameroun a pris forme dans un contexte de conflit armé croissant dans les pays voisins. Pour éviter les conflits sur la base de la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU, une réflexion sur la question a débuté au Cameroun en 2012, lors d’un atelier de formation sur la contribution des femmes à la consolidation de la paix dans un pays en conflits latents organisé à Douala du 29 au 30 mars. La société civile a alors décidé de s’enquérir de l’état d’avancement de la résolution 1325 au Cameroun et a commencé à plaider pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’action national (PAN).

Les femmes camerounaises et la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest

Avec la montée des violences et des crises au Cameroun ces dernières années, les femmes se sont régulièrement révoltées pour réclamer la paix. Dans ce cas, des femmes camerounaises du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont organisé un sit-in à Bamenda le 7 septembre 2018, brandissant des photos de leurs proches décédés ou disparus, qu’ils appartiennent aux rangs des forces armées. ou séparatistes ou civils.

Le 24 octobre 2020, des écoliers ont été assassinés à Kumba, provoquant une agitation qui s’est propagée au-delà des frontières nationales. Ensuite, des enseignants ont été kidnappés à Kumbo, une école de Limbé dans la région du Sud-Ouest incendiée après que les enseignants et les élèves aient été déshabillés. Les violences se sont poursuivies sans interruption. Suite à ces actes barbares et bien d’autres, les femmes camerounaises se sont mobilisées massivement une semaine après le meurtre d’écoliers pour exiger le retour à la paix à travers une marche et une déclaration publique.
Dès l’appel au dialogue national du 10 septembre 2019, la Plateforme de concertation des femmes pour le dialogue national a été mise en place et organisée avec d’autres partenaires, concertation avec les associations et groupements de femmes du pays et de la diaspora pour discuter du processus à suivre collectivement pour parler pour que les femmes soient entendues lors du dialogue national annoncé. Les consultations préalables au dialogue étaient conformes au Plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU).

Participation au Grand Dialogue National

L’un des objectifs de cette plateforme était d’impliquer les femmes dans l’élaboration de solutions durables de consolidation de la paix à tous les conflits qui secouent actuellement le Cameroun, avec un accent particulier sur la construction d’une culture de la paix à travers le pays. Ainsi, elle élaborera et soumettra à la table de dialogue un mémorandum contenant quelques conditions pour conduire un autre dialogue national, prenant en compte les différents conflits et problèmes affectant le Cameroun. Malheureusement, ce mémorandum n’a pas été pris en compte comme prévu, car les principaux acteurs et la voix des femmes n’ont pas été suffisamment pris en compte.

À la suite du GDN, la plateforme a lancé un nouveau plaidoyer pour un nouveau dialogue national plus inclusif des parties prenantes clés et prenant davantage en compte la voix des femmes. A cet effet, la convention organisée par la FES est apparue comme une opportunité extraordinaire, un véritable catalyseur qui aurait pu favoriser la capitalisation par le gouvernement d’initiatives comme le « Cri des femmes camerounaises ».

L’inclusivité nécessaire

Compte tenu de cette longue et difficile histoire, mais surtout riche d’enseignements et d’acquis qui peinent à être reconnus à leur juste valeur et à être capitalisés par certains partisans de la Convention Nationale des Femmes pour la Paix au Cameroun et d’autres acteurs (étatiques ou non) , la Plateforme de concertation des femmes camerounaises pour le dialogue national pose la question : pouvons-nous construire l’avenir et construire une paix durable en niant l’histoire de la lutte pour l’inclusivité et ses acteurs clés ? Pourquoi reprendre ce qui a déjà été fait, reprendre ce qui se passe déjà sans les acteurs qui ont poussé à l’action ? Ne vaut-il pas mieux profiter de ce qui a été appris ? Renforcer l’existant ? N’est-il pas temps de dépasser les querelles des gens et de construire ensemble ?

Notre position concernant l’ampleur et la complexité actuelle de la situation au Cameroun mise en évidence par l’analyse de la dimension genre dans les conflits (GCA, 2019) est que :

Ø toute initiative qui se veut d’envergure sous le thème « Femmes, Paix et Sécurité » gagnerait à prendre en compte la longue et riche histoire de l’engagement des femmes camerounaises en faveur de la paix ; il s’agit d’optimiser les différentes contributions à une paix durable et à la cohésion sociale au Cameroun. Apprécier le travail acharné des femmes au fil des ans en faveur de la paix, c’est donner une chance que nos propres efforts soient également appréciés pour une plus grande efficacité de la bataille ;

Ø toute initiative majeure sur le thème « Femmes, Paix et Sécurité » doit être l’occasion de créer une synergie globale autour de la paix ; après tout, les différences d’approche ne doivent pas nous faire perdre de vue : la fin des conflits et le rétablissement de la paix ;

Ø La résolution 1325 et le PAN devraient être adoptés tout naturellement comme des outils importants de planification et d’évaluation des activités ;

Les défis du jour renforcent notre conviction que la bataille pour l’inclusivité qui a commencé il y a si longtemps est loin d’être terminée. Elle finira par réussir et nous permettra à tous de mieux influencer les conflits au Cameroun : on ne peut pas prêcher la paix et l’unité en semant les germes de la division ! Ensemble, nous sommes plus forts.

Ensemble, dans la paix et la solidarité.

PlusFortesEnsemble

Plus forts ensemble

Yaoundé, le 28 juillet 2021
Pour la Plateforme de concertation des femmes camerounaises pour le dialogue national, ”.

Alphonse Jene

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Ref. : 237online.com

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