Football: Hamadou Daouda, l’immigré clandestin devenu chouchou des Français voici son histoire triste

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    À l’âge de 14 ans, le Camerounais de l’AS Beauvais (N 3) a quitté clandestinement son pays au péril de sa vie pour devenir footballeur en Europe. Il raconte…

    Le 29 janvier 2020 à 19h22
    Hamadou Daouda vient de très loin. Au sens propre comme au sens figuré. Son sourire, dont il ne se départit quasiment jamais, ne laisse pourtant rien transparaître de ce que le jeune homme de 19 ans a traversé avant de débarquer à Beauvais, il y a un an et demi. Et cette petite chambre du foyer de jeunes travailleurs où le joueur amateur de l’ASBO (National 3, 5e Division) nous reçoit.

    « Je suis heureux, murmure le milieu de terrain depuis son logement partagé avec un colocataire qui dort à l’autre bout de la pièce. Je suis en bonne santé, je pratique le sport que j’aime et j’étudie comme tous les jeunes de mon âge. » Son adolescence n’a cependant pas eu grand-chose à voir avec celle de ses voisins d’amphithéâtre de la licence Humanités, à l’université de Picardie. Le rêve d’enfant du natif de Garoua, ville située au nord du Cameroun, était pourtant celui de tous les gamins de son quartier : devenir footballeur professionnel en Europe, comme Samuel Eto’o, la star nationale.

    C’est avec cet objectif qu’il intègre le centre de formation du Coton Sport de Garoua, référence au pays. « Il y avait souvent des détections, se souvient le garçon d’une fratrie de 14 enfants. Mais, blessé, j’ai raté la finale où se bousculaient des recruteurs européens. J’étais très déçu surtout que certains amis partaient. Mais, je me suis dit que j’allais faire comme eux… » Le décès de son père, dans la foulée, finit de le convaincre de tenter l’aventure européenne en décembre 2014.

    « En tant que fils aîné, je devenais le responsable de famille, précise-t-il. En Afrique, réussir dans le foot, c’est aussi le moyen de subvenir aux besoins de tous les miens. Je n’ai prévenu que l’une de mes sœurs, qui ne devait avertir ma mère qu’une semaine plus tard. Je savais qu’elle n’aurait pas voulu que je parte… »

    Dans un bateau gonflable de fortune
    Accompagné d’un cousin, Hamadou n’a alors que 14 ans lorsqu’il traverse le Nigéria, le Niger, puis l’Algérie. À chaque arrêt, il travaille et économise assez d’argent pour pouvoir grimper dans des convois qui le rapprochent de quelques centaines de kilomètres de son rêve. « J’ai travaillé sur les marchés, fait de la maçonnerie ou des petits travaux domestiques. On vivait comme des nomades. Certains nous faisaient travailler comme des malades, sans nous payer. On ne pouvait rien réclamer, puisqu’on n’avait aucun papier. J’ai d’ailleurs fini par jeter mes documents camerounais, pour éviter qu’on sache d’où je venais. Et puis, il fallait aussi parfois payer pour franchir les contrôles. »

    Les trajets sont périlleux, et l’adolescent craint régulièrement pour sa vie. Notamment lors de la traversée du Sahara. « On roulait à tombeau ouvert, c’est le cas de le dire, sourit-il rétrospectivement. On s’entassait dans les 4 x 4, on avait mal partout. Et on savait que si on tombait, les Touaregs ne feraient pas demi-tour, ne s’apercevant même pas que tu n’étais plus là. Et se retrouver seul en plein désert… »

    Le jeune Camerounais atteint finalement les côtes libyennes, où il restera à quai près d’un mois avant de pouvoir prendre la mer. Un matin, il monte finalement dans un bateau de fortune, gonflable et abîmé à l’avant. « Il pouvait accueillir 80 ou 100 personnes, on devait être le triple, se souvient-il. La traversée a duré 3 heures, qui m’ont semblé 3 mois. L’eau pénétrait sur le bateau et nous arrivait aux genoux. Les femmes et les enfants pleuraient, certains priaient… »

    « Je me disais que, si je mourais, c’était ma destinée »
    Pudiquement, il avoue que sa foi l’a alors aussi aidé à surmonter sa peur. « J’aurais pu mourir en Méditerranée. J’avais conscience que soit ça passait, soit ça cassait. Mais j’avais la conviction que j’allais réussir. Je me disais que, si je mourais, c’était ma destinée. Dans ces moments-là, le seul qui peut te sauver, c’est Dieu. »


    SOURCE : https://www.w24news.com/football-hamadou-daouda-limmigre-clandestin-devenu-chouchou-des-francais-voici-son-histoire-triste/?remotepost=31789

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