Cameroun : Décès d’Amadou Ali, ancien vice-Premier ministre de Paul Biya et pilote de l’opération Épervier

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L’information qui a circulé mardi soir a été confirmée : Jeune Afrique de sources familiales. Amadou Ali, ancien ministre et proche collaborateur de Paul Biya, est décédé le 27 septembre à Yaoundé, ville dans laquelle il était revenu quelques jours plus tôt après un ultime séjour médical en Suisse.

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Malade et affaibli depuis de longs mois, Amadou Ali s’était peu à peu retiré de la vie publique. Sa dernière apparition devant les caméras remonte au 15 avril. Il s’était rendu à N’Djamena pour envoyer une lettre de Paul Biya au président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Déby Itno. Vêtu d’un boubou bleu, canne à la main, ce grand attaquant né à Kolofata, dans l’extrême nord, avait prononcé son dernier discours médiatique sur les marches de la présidence tchadienne, « accession » au pouvoir dans la paix » par le fils de feu Idriss Déby Itno.

Personnage clé de l’entourage de Biya

Bien qu’il ait quitté le gouvernement depuis le 5 janvier 2019, Amadou Ali est resté une figure incontournable de l’entourage du chef de l’Etat camerounais, qui a continué à le consulter discrètement. Les deux hommes se connaissaient depuis près de quarante ans et avaient commencé à cheminer ensemble aux premières heures de la présidence de Paul Biya.

Lorsque ce dernier a hérité du pouvoir après la démission d’Ahmadou Ahidjo en 1982, Amadou Ali était délégué général au tourisme, poste aujourd’hui disparu, équivalent à celui de secrétaire d’État. Un an après sa prise de fonction, Paul Biya l’a remis à la délégation générale de la gendarmerie, une première pour un diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam).

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Cela n’a pas empêché de nombreux gendarmes d’être impliqués dans la tentative de coup d’État qui a eu lieu le 6 avril 1984. L’événement allait également changer la trajectoire politique d’Amadou Ali. En tant que membre de l’ethnie Kanuri, il échappe aux vents de méfiance qui balayent la capitale et visent les populations de l’extrême nord en général et les Peuls en particulier. Le 24 août 1985, la Direction générale est transformée en secrétaire d’État : Amadou Ali entre au gouvernement.

Il y restera sans interruption pendant trente-quatre ans – un record de longévité. Il encaissera les postes et les Marocains, tour à tour secrétaire d’Etat, secrétaire général de la présidence, secrétaire d’Etat chargé de la Défense, garde des sceaux et vice-Premier ministre… Des années où il fut chargé des dossiers les plus sensibles.

L’un des ministres plus craignait

Chef de projet de l’opération Epervier, lancée par Paul Biya en 2008 pour lutter contre les détournements de deniers publics, Amadou Ali était l’un des ministres les plus redoutés. Il était également responsable des différends de Bakassi, et notamment du suivi des négociations avec le Nigeria. Son dernier grand dossier était celui de la lutte contre Boko Haram.

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Lorsque le président Biya a déclaré la guerre à ce groupe armé en mai 2014, alors qu’il était à Paris, c’est Amadou Ali qui s’est tenu à ses côtés, plutôt que le ministre de la Défense, resté à Yaoundé. Il sera impliqué dans plusieurs opérations de négociation avec les membres de la secte pour la libération des otages. Sa propre femme sera même kidnappée, avant d’être libérée après quatre mois de détention.

Chauffeur aguerri, Amadou Ali était aussi un homme politique et un membre influent du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) dans l’Extrême-Nord. En 2013, des commentaires que lui attribue WikiLeaks sur la succession de Paul Biya ont suscité une vive polémique. Selon l’ambassadeur américain au Cameroun, il avait confirmé « que le prochain président ne serait pas Béti-Bulu ». [contrairement à Paul Biya] « Quand on lui a demandé ce que ferait le Nord si Biya choisissait un Béti-Bulu pour lui succéder, Ali a répondu que jamais le chef de l’Etat ne prendrait une telle décision », a-t-elle rapporté. conserve une résonance particulière, tant les combats patrimoine.

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Source :
Jeune Afrique

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